Les Microformats, sésame ou talon d'Achille ?

Ces temps-ci, sur le Web, j'ai beaucoup entendu parler des microformats. Dans mon tutoriel XHTML, je vous citai volontiers l'usage sémantique qui devrait en être fait. Cependant, cette sémantique n'était instaurée que par l'usage des balises permises par le XHTML. Cela est peut-être entrain de changer...

  1. Définition
  2. Application au monde virtuel

Définition

Pourquoi les microformats ?

Le nombre de balises XHTML est assez limité. En effet, leur utilisation se limite au traitement de texte rudimentaire. Mais le contenu des sites web est beaucoup plus complexe. Par exemple, si on souhaite afficher ses coordonnées sur son site, on peut, bien-sûr, le faire, mais la seule solution purement XHTML afin de préciser aux navigateurs et moteurs de recherche que ce contenu est une adresse est l'utilisation de la balise .

Malheureusement, cette balise ne permet pas de distinguer les contenus comme le nom de la ville, le numéro de téléphone etc... Et pourtant, l'intérêt est grand, de pouvoir associer une valeur sémantique forte aux contenus que l'on ajoute à son site Internet. Dans le cas des coordonnées, il serait intéressant, par exemple, de pouvoir ajouter à son carnet d'adresse un contact trouvé dans un site web.

La solution apportée par les micro-formats

C'est précisement ce que les microformats permettent devraient permettre de faire. L'astuce est simple. L'attribut class permet d'allouer, comme son nom l'indique, une ou plusieurs classes à un élément XHTML ( 0321596224 ). Ainsi, on peut ensuite, dans les feuilles de style CSS définir des propriétés de mise en forme aux éléments d'une certaine classe (.numero { background-image:url('phone.gif') no-repeat left center; }). Bien souvent, les noms de classe donnés par les développeurs sont arbitraires, internes et sans sens particulier.

Les micro-formats tirent parti de cette possibilité pour allouer un sens sémantique aux classes. Ainsi, notre exemple ci-dessus, pourrait être exploité de manière à ce que le moteur de recherche ou navigateur visitant ce site puisse connaître la nature de cette suite de chiffres. Ca tombe bien, les micro-formats, et plus particulièrement le format hCard permet de préciser qu'une information est un numéro de téléphone. Nous allons donc allouer une class tel à notre qui va permettre une valorisation sémantique de ce numéro.

Ainsi, votre visiteur pourra, par exemple, disposer d'un bouton lui permettant d'appeller directement à ce numéro avec son logiciel de VoIP préféré. Ce n'est pas encore le cas, mais ce serait techniquement possible.

Alors, les microformats, c'est bien ?

J'allais y venir. Vu sous cet angle, oui, les micro-formats sont une solution simple et rapide pour donner un sens pointu à vos contenus tout en restant conforme aux normes. Mais le XHTML n'est pas que du HTML, c'est aussi et surtout du XML !

Et le XML est une technologie permettant l'utilisation d'espaces de nommage (namespace) qui ont, entre autre, l'avantage de donner la possibilité d'ajouter du contenu XML d'un autre type que le type courant. On pourrait donc, tout à fait imaginer faire la même chose, mais plus "proprement" grâce au XML.

Malheureusement, le XHTML étant bien moins permissif que le HTML, beaucoup de développeurs sont à la traîne et continuent d'utiliser le HTML, voire, le prônent ! Le comportement radical des navigateurs en cas d'erreur XML n'aidant pas...

Et les standards ?

En tant que fervent défenseur des standards internationaux, je dois vous avouer que quelquechose me chagrinne au sujet des micro-formats. Ils ne sont pas, à proprement parler, une spécification du W3C. Or, je ne suis pas de ceux qui pensent que plusieurs organismes standardisateurs soient une bonne chose. La centralisation, en matière de standards et de normes est une condition sine qua non pour leur réussite.

L'intérêt des webmestres n'est pas dans la diversification des standards. Tout ce que nous demandons est de pouvoir coder une bonne fois pour toute. La multiplication des standardisateurs autoproclamés est un danger pour nous et n'a d'intérêt que pour les nombrilistes à leur origine. Je suis convaincu que ceux qui reprochent au W3C sa lenteur administrative n'auraient plus lieu d'adresser cette critique s'ils employaient leur énergie à le soutenir plutôt qu'à lui mettre des bâtons dans les roues.

J'ai remarqué sur la page du validateur, qu'une des astuces proposées par le W3C était d'utiliser des noms de classe ayant une valeur sémantique (la définition des microformats). C'est pourquoi je vais expérimenter les micro-formats qui, respectent, tout de même, le standard initial sur lequel il repose. Reste à notre charge, de déterminer dans quelle mesure les microformats interfèrent avec le standard original du XHTML et surtout, de veiller à ce que les micro-formats n'empiètent pas sur ce dernier.

La divitite est morte, vive la divitite !

La divitite est une maladie dont ont beaucoup souffert les précurseurs dans la dissociation de la forme et du fond. Moi le premier ! J'en ai parlé plus longuement dans mon tutoriel XHTML.

L'arrivée des microformats traîne dérrière elle le spectre de la divitite, elle même encore couramment rencontrée sur de nombreux sites. En effet, nous en reparleront tout à l'heure, mais si l'on prend l'exemple du micro-format hCard, voici comment un numéro de téléphone auquel on souhaite associer un type (portable, maison, travail, fax... etc) doit être renseigné pour être compatible :

<span class="tel">
<span class="type">home</span>
<span< class="value">0321596224</span>
</span>

Cette syntaxe est trois fois génante pour moi. Tout d'abord elle s'écarte du simple usage des classes pour ajouter une valeur sémantique en imposant un schema XML arborescent. Deuxièmement, elle alourdit inutilement le code de façon significative pour un simple numéro de téléphone. Et enfin, elle n'est pas localisable (c'est à dire, traductible en d'autre langues tout en conservant sa valeur sémantique) !

En effet, un standard est intéressant lorsque les variables sur lesquelles reposent la valorisation sémantique, en l'occurence, ici, 'home' sont reconnaissables et inchangées quelque soit la langue ! Et pourtant, l'utilisation des classes seule pouvait très bien faire l'affaire. Soit en utilisant directement class="fax", class="tel" etc... ou alors en utilisant une syntaxe du genre class="tel typefax".

Bref, on comprend mieux pourquoi la création de standards prend du temps... L'initiative est bonne, mais il faut aussi prendre le temps de la réflexion... Afin de rendre ma démarche constructive, j'ai soulevé le problème dans leur Wiki, et espérons qu'il feront quelquechose...

J'ai aussi demandé de se limiter à l'attribut class, voire à l'attribut id, mais de ne pas commencer à créer des arborescences XML, même si j'ai peu de chances d'être entendu, effectivement, ma suggestion a été supprimée...

Application au monde virtuel

Aujourd'hui, les microformats sont bien trop nouveaux pour dire que c'est une bonne ou une mauvaise chose. C'est une nouvelle technologie qui n'a pas encore fait ses preuves et qui n'est pas non-plus idiote sur le principe (ce n'est pas gagné pour son application...). C'est pourquoi je vais essayer d'adopter une démarche scientifique, formuler des hypothèses, faire des expériences et progresser en même temps que vous tout en me forgeant une opinion.

Les objectifs

Nous sommes des professionnels de la création de sites Internet et nous devons donc nous intéresser à ce qui, pour nous, est important, c'est à dire déterminer ce que peux, en terme de trafic, référencement etc... nous apporter l'utilisation des microformats.

Or, en référencement, il n'y a pas de manuel, c'est l'expérience qui prime. C'est pourquoi nous allons implanter les microformats sur un de mes sites et voir ce qu'il se passe. Il s'agit des hôtels et restaurants du Nord. Un site qui n'a que quelques mois d'existence et que je souhaite référencer.

C'est sans surprise, il s'agit d'un annuaire d'établissements et notre première adaptation sera l'ajout de microformats dans la fiche descriptive de l'établissement. Comme celle de mon restaurant préféré. Nous sommes le lundi 6 août 2007 et l'expérience commence. J'ai ajouté les microformats hCard aux templates.

Microformat et Google Map

Ce qui m'a définitivement donné envie de me lancer dans l'aventure micro-formats, c'est un article sur Zorgloob qui parle de Google Maps. Dans cet article il s'agit de beaucoup de choses, mais aussi, sur une ligne, de l'adoption des micro-formats (hCards) pour les résultats de Google Maps. En tant qu'acteur important du web, je me suis dit que Google devait connaître son affaire, mais surtout, que si Google l'utilisait en sortie, alors peut-être qu'il l'utilisait ou allait l'utiliser en entrée, c'est à dire sur mon site.

Les hôtels et restaurants du Nord permettent aux restaurateurs de créer leur propre fiche gratuitement (la plupart du temps, c'est payant, ou alors gratuit, mais certains restaurants sont "mis en valeur" de façon payante). L'idée, ici, c'est la neutralité et le financement par la publicité (Adsense et fournisseurs) pour un fonctionnement démocratique.

De ce fait, on se retrouve avec une autre problématique. Comment positionner les fiches hôtels et restaurants inscrits sur l'annuaire dans Google. Pour le moment, c'est plutôt bon, malgré l'effet sandbox. Mais le but que je vise c'est Google Maps : référencer les établissements qui n'y figurent pas encore (grâce à microformat ???) et apparaître dans les pages webs associées aux résultats pour les restaurants qui y sont inscrits.

Apparemment, les résultats de Google maps ne semblent pas provenir du web, mais de fichiers existant ou des responsables des entreprises directement. Les pages webs associées aux résultats ne semblent pas privilégier un critère plus qu'un autre.

Bref, pas de quoi faire le lien, mais sait-on jamais, peut-être qu'avec le temps... vous serez les premiers informés de l'évolution du positionnement de ce site en suivant notre actualité.

Qui exploite les microformats ?

Bon, si rien n'est gagné pour Google, voyons à qui peuvent servir les microformats :

L'utilisateur

La pratique semble s'intensifier et les outils se multiplier. Rien que pour Firefox, j'ai vu plus de 5 extensions permettant de lire les microformats hCard dans la liste des outils sur le site officiel.

Les utilisateurs peuvent donc dors et déjà profiter des micro-formats, tout au moins pour les coordonnées et la gestion de contacts.

Les copieurs

En effet, un site comme les hôtels et restaurants du Nord qui renvoie du XML correctement à qui sait l'interpréter, équipé des microformats, c'est comme laisser sa base de donnée traîner à la portée de tous.

Alors quel choix ? Le bien-être de l'utilisateur (enfin, futur) ou éviter les risques de plagia ? Heureusement, je ne fournis pas l'adresse e-mail que les visiteurs me transmettent car les spammeurs ne seraient pas loin.

Les voyeurs

Dans un esprit plus "parano", on peut aussi penser que les microformats pourraient être aussi une voie plus aisée pour récolter des informations personnelles, créer des fichiers et pourquoi pas pour les spammeurs d'envoyer des courriers contextuels.

De la même façon, d'un point de vue purement prospectif, si tous les sites fournissaient des microformats sur des sites XHTML, il serait alors bien plus aisé de constituer des fichiers d'entreprise. On peut peut-être y trouver l'une des raisons pour lesquelles la progression du XHTML est vue d'un mauvais œil par certaines entreprises qui ont dépensé des millions pour la création d'algorithmes basés sur le HTML actuel et sa complexité pour récolter ce genre d'informations. C'est d'ailleurs cette complexité qui leur donne un avantage stratégique dans la maîtrise de l'information.

En conclusion, je pense que nous n'avons pas d'autre choix que d'attendre un peu et je vous tiens au courant des résultats obtenus sur le site test. Cette page sera mis à jour en cas de bonne ou mauvaise surprise.

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